Test de Mirror’s Edge (PC)

Avez-vous toujours voulu sauter de toit en toit comme dans certains films d’action sans pour autant risquer votre vie à tout instant? Si vous avez répondu de façon positive à cette question, Mirror’s Edge est peut-être fait pour vous. Zoom sur un jeu dont le succès arriva bien plus tard après sa sortie.

Retournons dans le passé, à la sortie de Mirror’s Edge vers la fin de l’année 2008. Des titres imposants tels que Gears of War 2 et Call of Duty : World at War paraissaient en magasin plus au moins au même moment de la sortie de Mirror’s Edge. Selon le développeur DICE, le jeu était un risque financier qu’il souhaitait prendre pour prouver qu’il était possible de créer un style de jeu à la première personne différent de ce qui avait déjà été vu auparavant. Il faut dire que certaines mécaniques de jeu étaient innovantes pour le temps. Malheureusement, Mirror’s Edge fut peu et mal publicisé lors de sa sortie ce qui ne donnera aucune chance au jeu. Même avec de bonnes critiques sous son bras, Mirror’s Edge était condamné à rester dans la catégorie des bons jeux dont le succès ne fut pas au rendez-vous. Je dis bien « fut » car depuis quelques années, grâce à sa communauté de fans de plus en plus grandissante, Mirror’s Edge devint un incontournable de la septième génération de consoles. La demande fut assez forte pour que DICE nous revienne avec une suite maintenant disponible sur Playstation 4, Xbox One et PC depuis le mois de juin 2016.

L’histoire de Mirror’s Edge se déroule dans un futur rapproché où tout (et je dis bien TOUT) est surveillé. Grâce à cette surveillance constante, le taux de criminalité est proche de zéro et tout semble aller pour le mieux… en apparence. Pour passer inaperçus, plusieurs individus s’échangent des informations à travers des Messagers. Ces derniers sont un peu les facteurs de l’extrême de la ville. Pour ne pas se faire remarquer, ils doivent se déplacer en tout temps sur les toits des gratte-ciels. C’est dans ce monde qu’elle n’a jamais vraiment accepté que Faith, l’héroïne de l’histoire, course dans la ville pour survivre. Cependant, plusieurs événements vont bouleverser et mettre sa vie et celle de ces proches en danger.

L’histoire de Mirror’s Edge n’est pas ce qui va vous marquer le plus. Il y a bien quelques rebondissements ici et là durant le récit, mais rien de bien surprenant. À quelques exceptions près, le récit nous est raconté entre chaque mission ce qui nous laisse peu de temps pour le développement de l’histoire des personnages ou même de l’environnement. Fait à noter, les cinématiques sont présentées sous la forme de dessin animé. Plusieurs n’ont pas aimé le « clash » entre les graphismes très léchés des phases de jouabilité et les cinématiques à l’allure un peu amateur. De mon côté, j’ai apprécié le changement de présentation, cela fait changement dans la narration du récit.

En ce qui concerne la patte graphique du jeu en dehors des cinématiques, elle est tout bonnement excellente. Ayant joué le jeu sur PC, Mirror’s Edge ne démontre pas son âge plus ou moins avancé de 7 ans (en date de juillet 2016). La ville est composée principalement de dégradé de blanc avec des objets rouge qui nous permette de nous indiquer la direction à prendre avant de nous lancer dans le vide. Même quand nous nous retrouvons à l’intérieur des immeubles, il y a toujours une couleur prédominante. Le monde de Faith est cohérent tout en ayant des environnements varié d’autant plus que l’histoire se déroule essentiellement dans une ville et non dans un monde fantastique.

Par contre là où j’ai quelques réserves est sur le côté de la jouabilité. N’ayez aucune crainte, la jouabilité n’est pas ce qu’on a vu de pire dans un jeu à la première personne. D’ailleurs, le jeu est assez basique dans ces contrôles ce qui n’est pas un défaut en soi. Nous avons la possibilité d’amortir notre saut à la fin de celui-ci en faisant une roulade. Nous pouvons également ralentir le temps pendant un court instant surtout utile lors de certains passages corsés. Pour nous défendre, les poings de Faith sont vos meilleurs alliés. Il est également possible d’utiliser les armes des ennemis, mais le jeu n’a clairement pas mis l’accent sur ceux-ci. Exception faite pour les snipers, nous ne pouvons pas viser efficacement sur nos opposants. Encore là, ce n’est pas un reproche que je fais à Mirror’s Edge puisque le jeu est plus orienté au corps à corps. Malheureusement, ce type de combat n’est pas très fonctionnel en jeu. Le bouton gauche de la souris permet de donner des coups à notre adversaire tandis que le bouton droit permet de désarmer ou de contrecarrer un coup. Ces mécaniques fonctionnement relativement bien s’il n’y a qu’un seul ennemi face à nous. S’il y a deux ennemis ou plus, il devient très difficile de combattre qui que ce soit sans mourir sous une pluie de balles. Plusieurs moments de frustrations ont été au rendez-vous. Même si le chemin est souvent indiqué par un objet rouge, la direction n’est pas toujours indiquée clairement. Il faut donc souvent reprendre nos sauts à plusieurs reprises. Il m’est même arrivé de recommencer un certain passage plus d’une dizaine de fois en ne sachant pas où aller. Si la sortie avait clairement été indiquée, j’aurais sûrement utilisé un autre chemin pour me rendre à la destination. Ne vous inquiétez pas, le jeu se rattrape sur d’autres points. À titre d’exemple, le sentiment d’être constamment sur le pied d’alerte est très plaisant surtout quand on enchaîne différentes actions un en arrière de l’autre.

Malgré les quelques défauts énumérés, Mirror’s Edge est un jeu avec lequel on passe un agréable moment. Ce n’est pas l’histoire qui vous gardera rivé sur le jeu, mais le sentiment de liberté dans un monde qui se tient. Les graphismes font encore bonne figure après toutes ces années d’autant plus que le jeu tourne très bien sur à peu près tout ordinateur sorti ces deux dernières années. La jouabilité n’est pas le point fort du jeu, mais n’empêche pas d’apprécier les autres éléments de ce dernier. Mirror’s Edge est un jeu à louer ou à acheter en bas de 20 $.

7/10