Critique de Princesse Mononoké

Princesse Mononoké est le 9e film du studio Ghibli, les maîtres dans l’art du dessin animé. Paru en 1997 au Japon et en 2000 en Amérique du Nord, le film devint instantanément un classique dans le monde des films d’animation. Avec la sortie relativement récente du Blu-Ray, nous allons nous attarder sur ce film mythique dirigé par Hayao Miyazaki.

L’histoire débute avec Ashitaka, le plus jeune prince d’un village Emishi (groupe ne voulant pas faire partie du domaine de l’empereur du Japon). Pendant une belle journée ensoleillée, celui-ci découvre qu’un sanglier géant est possédé par un démon représenté par des têtes de serpent. Étant un grand guerrier, Ashitaka réussit à abattre la bête, mais non sans conséquence. Les tentacules du démon ont réussi à s’infiltrer par un de ces bras. Ce faisant, le démon prendra peu à peu possession de son corps et il sera condamné à mourir dans d’atroce souffrance.

Cependant, il y a une mince lueur d’espoir. En effet, Ashitaka pourrait être sauvé s’il réussit à régler le conflit entre les humains et la nature qui règne sur Nago, un territoire voisin. Prenant son courage à deux mains, Ashitaka part vers ce lieu inconnu pour faire la rencontre de plusieurs personnages représentant les deux facettes du conflit. Du côté des humains, nous avons Dame Eboshi qui ne souhaite que le bien de son village même s’il lui faut tuer tout ce qui se trouve au travers de son chemin. De l’autre côté, il y a la nature qui englobe la végétation et les animaux. Cette dernière se bat pour la survie de la forêt qui se fait détruire par les humains pour leurs profits personnels. Princesse Mononoké (aussi appelé San) fait partie de ce clan puisqu’elle fut élevée par des loups. C’est donc dans ce climat de tension que Ashitaka devra confronter les deux clans et régler cette guerre qui ne semble qu’empirer de jour en jour.

L’histoire est très prenante et remplie de surprise. Le film commence d’ailleurs avec une excellente scène d’action entre Ashitaka et un démon. Contrairement à la majorité du catalogue de Ghibli, Princesse Mononoké possède une quantité impressionnante de moment de tension et de suspense. Nous voulons savoir si Ashitaka réussira à mettre un terme à cette guerre sans fin entre l’esprit de la forêt et les hommes. Le film prend le temps de présenter les principaux personnages du récit. Durant près de 2 h 15, celui-ci développe l’historique des personnages de fond en comble. Par exemple, nous apprenons dès le début du récit la quête à laquelle Ashitaka aura à poursuivre.

Le conflit est également très passionnant à suivre puisqu’il n’y a pas un côté qui est mauvais seulement pour être mauvais. Pour Dame Eboshi, tuer le dieu de la forêt est un sacrifice qui vaut amplement le bénéfice. Cela là permettra d’étendre son village et ainsi prospérer grâce à la production de fer. D’un autre côté, l’esprit de la forêt et la forêt elle-même ne veulent pas voir la destruction de leur domicile. Même à l’intérieur des clans, nous pouvons y voir certaines tensions. Les loups et les sangliers ne sont pas tous d’accord sur la façon dont il faudrait aborder les humains. Les sangliers souhaitent tuer toute forme de vie humaine pour ainsi éliminer toute menace existante tandis que les loups sont plus diplomatiques et plus sournois dans leurs approches. Pour résumer, l’histoire de Princesse Mononoké peut paraître très simple au premier abord, mais plus le film progresse et plus nous pouvons observer les différentes ramifications que celle-ci possède.

Comme toutes les autres productions du studio Ghibli, l’animation est sublime, mais j’appuie encore plus mes mots pour Princesse Mononoké. Contrairement au dernier-né du studio, Souvenirs de Marnie, que j’ai pourtant louangé la qualité de l’animation, Princesse Mononoké est selon moi une coche au-dessus. Les nombreuses scènes d’action sortent du lot. Il est assez incroyable de constater un tel niveau de détails avec une animation aussi fluide. L’ajout d’animation 3D fait ici une entrée remarquable dans les productions de Ghibli. Si je n’avais pas lu sur le film avant son visionnement, je n’aurais sûrement pas remarqué tellement les deux types d’animations s’intègrent bien l’une avec l’autre. La 3D est seulement utilisée pour quelques plans très précis du film où il aurait été extrêmement complexe d’animer de façon traditionnelle.

Je vais sembler me répéter, mais la bande sonore est une fois de plus exceptionnelle, peut-être même dans mon top 10 de bande sonore de films. Toutes les pistes sont sublimes et chacune raconte une histoire en elle-même. La musique joue un rôle assez important dans Princesse Mononoké puisque chaque lieu et personnage qu’ils soient principaux ou secondaires possède un thème bien à eux. Il n’y a pas pour autant une surabondance de musique dans le film. Miyazaki a laissé à plusieurs reprises des scènes sans musique ni mélodie, mais uniquement le bruit de l’environnement autour des personnages.

J’appréhendais le visionnement de Princesse Mononoké avec impatience et je n’ai pas été déçu. Du début à la fin, ce film est une épopée que je n’oublierais pas de sitôt. Je pourrais même assumer que ce film se retrouve très haut dans mon classement personnel, tout près de la trilogie du Seigneur des Anneaux. Je recommande fortement le visionnage de Princesse Mononoké à tous ceux qui aiment les autres films du studio Ghibli, mais également à tous ceux qui aiment se plonger dans un autre univers qui nous fait réfléchir sur nous et sur notre environnement.